The Thing

Réalisateur : John Carpenter
Avec : Kurt Russel
Durée approximative : 1H44
1982
Genre : Horreur
Degré de violence : Violent
Degré de gore : Gore
http://www.theofficialjohncarpenter.com/pages/themovies/th/th.html

Man is the warmest place to hide.
Certains films s'imposent comme des pièces dignes d'éloges. The Thing, la chose, fait partie de ces créatures délirantes qui sont entrées dans les archives du cinéma d'horreur. Beaucoup de scénaristes s'appuient sur l'idée de l'inconnu pour flanquer la frousse aux spectateurs. L'espace est un terrain de jeu sans limite car tout peut y arriver. On est arrivé à un point où même la moindre explication, un tant soit peu rationnelle, est d'une futilité affligeante. Dans The Thing, un extra-terrestre se plante dans la banquise. Point de départ banal qui sert de pivot à un John en grande forme puisqu'il signera ici sans hésitation son meilleur film. La chose, c'est quoi ? C'est une bébête qui ne craint pas le froid. Elle peut à la perfection imiter n'importe quel organisme et bouffe bien évidemment de l'humain à tout va. Le film se pose très confortablement sur le fait que la créature échappe à toute logique.




Elle sèmera alors une vraie pagaille dans un laboratoire, décimant à tour de rôle tout son équipage. Même si cette trame semble basique au possible, le talent du réalisateur et l'ingéniosité des effets spéciaux, toujours aussi spectaculaires, ont très facilement imposé The Thing comme une référence difficilement contestable. Le film est dynamique, vif, bien fait et bien joué. La créature est impressionnante. Un film d'horreur. Un vrai !
Nous sommes ici en présence d'un film qu'il faut voir. Son ambiance froide et sombre, additionnée à un huis clos où tout le monde se regarde de peur d'être en présence d'un infecté, installe très progressivement un sentiment de malaise qui sera de plus en plus étouffant au fur et à mesure que les cadavres s'empileront. Malgré ses indéniables qualités, des défauts viennent salir le film. Certains sont excusables, comme la traditionnelle constitution de petits groupes pour déblayer le secteur, groupes alors d'autant plus vulnérables, mais d'autres, comme l'informatique intelligente comme tout et des tests sanguins assez douteux, peuvent parfois agacer. Vers la fin, la chose grandit et perd alors en crédibilité. On voit trop la méthode d'animation utilisée. Cependant, le film assure le spectacle de bout en bout et on ne sait jamais vraiment qui peut être infecté ou non. Le film supporte encore très bien la comparaison avec d'autres films plus récents et malgré des petits vides scénaristiques éparpillés un peu partout ou des actions pas toujours très claires, la tension est là. Pour le sang versé, on note, et on apprécie, la première apparition de la chose qui plonge un chenil dans un bain d'hémoglobine.
Dès lors que le monstre est lâché, on a droit à pas mal de trouvailles comme des mains arrachées, des tentacules assez répugnantes, une araignée à tête d'homme, un procès bien inéquitable et pas mal de gros plans rapides et nets. Comme autour de tout grand film qui se respecte, il y aura toujours à redire. The Thing reste néanmoins une pièce maîtresse dans le genre. De la paranoïa à l'état pur, on a rarement fait mieux depuis.
Dissection d'une mort